Gym League

Soulevé de terre roumain

Le soulevé de terre roumain est l'exercice de référence des ischio-jambiers. Debout, barre devant les cuisses, on pousse les hanches vers l'arrière en gardant les jambes presque tendues, jusqu'à sentir l'étirement à l'arrière des cuisses, puis on se redresse. La barre ne touche jamais le sol.

C'est le mouvement qui distingue le mieux les deux fonctions des ischio-jambiers. Là où un leg curl les fait travailler en pliant le genou, le roumain les sollicite par l'ouverture de hanche, genou quasi verrouillé — deux familles distinctes, deux façons complémentaires de charger le même muscle.

Caractéristiques

Matériel Barre
Famille de mouvement Charnière de hanche
Ce qui est mesuré Charge rapportée au poids de corps
Fiabilité du classement Référence
Statut Classant
Disponibilité Réalisable dans n’importe quelle salle

Ce que l’exercice sollicite

Gym League attribue à chaque exercice une répartition en pourcentages. Elle sert à deux choses : décider quel muscle reçoit les points, et de combien. Le muscle principal touche la totalité de ce que la performance vaut ; les muscles secondaires reçoivent une part proportionnelle, jamais l’intégralité. C’est ce qui évite qu’un seul mouvement lourd fasse monter trois lignes à la fois.

Les points reviennent donc d’abord à Ischio-jambiers, à hauteur de 60 %. Les sollicitations secondaires vont à Fessiers (35 %), Dos (5 %).

Fiabilité : référence

Plafond de score : 1000 / 1000

La charge est objective et identique partout : une barre de 20 kg pèse 20 kg dans toutes les salles. Le résultat se compare sans réserve.

Concrètement, une performance parfaite sur cet exercice ne peut pas dépasser 1000 points sur la part force du muscle. Ce n’est pas une sanction : c’est la marge d’incertitude de la mesure, rendue visible plutôt que dissimulée.

Exécution

  1. Debout, barre tenue en pronation contre les cuisses, mains à largeur d’épaules, pieds à largeur de hanches.
  2. Déverrouille très légèrement les genoux et garde cet angle : ils ne plieront plus pendant la descente.
  3. Serre les omoplates pour empêcher les épaules de s’enrouler, et verrouille le dos à plat.
  4. Pousse les hanches vers l’arrière en laissant la barre descendre le long des cuisses, au contact.
  5. Descends jusqu’à sentir l’étirement des ischio-jambiers, sans que le dos s’arrondisse. Pour la plupart des pratiquants, la barre arrive entre le genou et la mi-tibia.
  6. Remonte en poussant les hanches vers l’avant, jusqu’à l’extension complète, sans basculer en arrière.
Avant de charger

Ces repères décrivent le mouvement, ils ne remplacent pas un accompagnement. Travaille dans une amplitude que tu contrôles, garde une exécution maîtrisée plutôt que de chercher la charge, et arrête la série en cas de douleur inhabituelle. En cas de doute sur une articulation ou sur une reprise après blessure, fais-toi accompagner par un professionnel : Gym League mesure des performances, il ne pose aucun diagnostic.

Erreurs fréquentes

Plier les genoux pendant la descente

Le mouvement devient alors un soulevé de terre conventionnel : les quadriceps prennent une part du travail et les ischio-jambiers perdent l’étirement qui fait tout l’intérêt de l’exercice. L’angle du genou est fixé au départ et n’évolue plus.

Chercher à descendre au sol

L’amplitude utile s’arrête là où la souplesse s’arrête. Forcer plus bas fait arrondir le bas du dos, ce qui transfère la charge sur les lombaires. Mieux vaut une descente courte et droite qu’une descente longue et ronde.

Éloigner la barre des jambes

Chaque centimètre d’écart augmente le bras de levier sur le bas du dos. La barre rase les cuisses puis les tibias.

Confondre avec le jambes tendues

Le soulevé jambes tendues verrouille complètement le genou et descend plus bas. Les deux appartiennent à la même famille — la charnière de hanche — donc seul le meilleur des deux compte pour la force.

Le barème par rang

Saisis le poids des disques uniquement : Gym League ajoute automatiquement les 20 kg de la barre avant de calculer.

Ces seuils sont ceux du barème de départ. Ils sont fixes : les résultats des autres pratiquants ne les modifient pas, et ils ne changent pas parce que davantage de personnes ont enregistré cet exercice.

Charge à atteindre selon le poids de corps, en kilos. Le total inclut la barre de 20 kg ; la valeur entre parenthèses est ce qu’il faut charger en disques, et c’est elle que tu saisis.
Rang Ratio 60 kg 70 kg 80 kg 90 kg 100 kg
Bronze × 0,75 45 (25) 52,5 (32,5) 60 (40) 67,5 (47,5) 75 (55)
Silver × 1 60 (40) 70 (50) 80 (60) 90 (70) 100 (80)
Gold × 1,25 75 (55) 87,5 (67,5) 100 (80) 112,5 (92,5) 125 (105)
Platinum × 1,50 90 (70) 105 (85) 120 (100) 135 (115) 150 (130)
Diamond × 1,75 105 (85) 122,5 (102,5) 140 (120) 157,5 (137,5) 175 (155)
Master × 2 120 (100) 140 (120) 160 (140) 180 (160) 200 (180)
Legend × 2,25 135 (115) 157,5 (137,5) 180 (160) 202,5 (182,5) 225 (205)

La colonne « ratio » est la valeur de référence : elle ne dépend pas du gabarit. Les colonnes suivantes ne font que la multiplier par un poids de corps, pour donner un repère concret. Un pratiquant de 60 kg et un de 100 kg au même rang ne soulèvent pas la même charge, mais fournissent un effort équivalent rapporté à leur masse.

Lire ces paliers

Le barème du roumain est aligné sur celui du squat : 0,75 fois le poids de corps pour Bronze, 1,25 pour Gold, 2,25 pour Legend. Soit 100 kg au rang Gold pour un pratiquant de 80 kg, barre comprise.

Un point de saisie à ne pas manquer, parce qu'il diffère du soulevé de terre classique : le roumain déclare une barre de 20 kg, ajoutée automatiquement à ce que tu saisis. Si tu as 80 kg de disques, tu saisis 80 et le calcul porte sur 100. Sur le soulevé de terre classique, à l'inverse, la charge saisie est prise telle quelle, barre comprise. Les deux mouvements se suivent souvent dans une même séance : vérifie la consigne affichée avant de saisir.

D’où viennent ces seuils

Cet exercice est l’une des références de calibration de Gym League : ses seuils ne sont pas hérités d’un autre mouvement, ce sont eux qui servent de point de départ aux variantes. Ils constituent l’échelle interne du projet et ne proviennent pas d’une publication extérieure — c’est une convention de mesure, pas une vérité biomécanique. Ils sont fixes : les résultats des autres pratiquants ne les modifient pas.

Quand choisir cet exercice

C'est l'exercice à privilégier pour faire progresser la ligne ischio-jambiers sur la part force. Sa fiabilité est au niveau « référence », et c'est le seul mouvement de la charnière de hanche à l'être avec le good morning.

Il alimente aussi les fessiers et les lombaires de manière notable. Pour un pratiquant qui squatte déjà, c'est le complément le plus logique : le squat charge l'avant de la cuisse, le roumain l'arrière, et les deux appartiennent à des familles différentes.

Quand préférer une alternative

Si la souplesse des ischio-jambiers limite fortement l'amplitude, le good morning permet une position plus confortable pour certaines morphologies, dans la même famille. Si le bas du dos fatigue avant les ischio-jambiers, le leg curl supprime entièrement la contrainte lombaire — et il ouvre en prime la seconde famille du muscle, donc il rapporte sur la diversité.

Si l'objectif est la charge maximale plutôt que le travail ciblé, le soulevé de terre conventionnel permet davantage. Mais il appartient à une autre famille et attribue sa part principale aux lombaires, pas aux ischio-jambiers.

Limites de la comparaison

L'amplitude est la limite centrale sur ce mouvement, et elle dépend de la souplesse autant que de la force. Un pratiquant peu mobile s'arrête à mi-cuisse, un autre descend sous le genou : le second fournit nettement plus de travail à charge égale, et rien dans la donnée ne les distingue.

Seconde limite : la frontière entre un roumain et un conventionnel est floue en pratique. Plier un peu plus les genoux à chaque répétition, à mesure que la série avance, fait glisser l'un vers l'autre sans que cela se voie. Le barème suppose un genou quasi fixe.

Sources et méthode

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